DSM, un rachat bien accueilli

Depuis des années, DSM est reconnu comme une valeur de qualité. L’accent mis sur la production d’additifs, de vitamines... pour l’alimentation humaine et animale et de matériaux spéciaux a porté ses fruits. Depuis 2012, les bénéfices ont quasi doublé, mais cette année on prévoit une baisse. C’est en partie logique, car le groupe a cédé de nombreux actifs du pôle matériaux. Début septembre, la vente des matériaux de protection (Dyneema) s’est conclue pour la modique somme de 1,49 Mrd USD. La vente de la dernière partie du pôle matériaux, les ‘matériaux d’ingénierie’, pour 3,7 Mrd EUR au groupe de capital-investissement Advent et Lanxess, sera finalisée en 2023. Tous ces actifs ont été cédés à un bon prix et ont rapporté beaucoup de cash. Une autre partie de l’explication de la baisse des bénéfices provient des ratés dans le secteur alimentaire. Au 2ème trimestre, l’EBITDA a augmenté organiquement de 5%, malgré une solide croissance des ventes (+19%). Pour l’ensemble de l’année, DSM confirme l’objectif de croissance de 7 à 9%, mais le consensus est plus pessimiste (+6%).

©AFP

À l’avenir, l’accent sera entièrement mis sur le pôle alimentaire. DSM fait immédiatement usage de ses capitaux ‘excédentaires’. En mai, une fusion a été annoncée avec la société privée suisse Firmenich. La fusion entre les produits de santé et additifs alimentaires de DSM et les arômes et parfums de Firmenich devrait permettre au groupe d’atteindre une croissance organique de 5%/an. Les actionnaires de la société suisse recevront 3,5 Mrd EUR de DSM. Une telle consolidation a été bien accueillie dans le secteur. Le nouveau groupe fusionné aura un budget de recherche annuel de plus de 700 Mio EUR et DSM renforcera sa position sur le marché (avec des économies d’échelle). La fusion générera des synergies (350 Mio EUR d’EBITDA), mais seulement dès 2026, une éternité pour les investisseurs. La marge de Firmenich est déjà supérieure à celle de DSM, si bien que dès le départ (prévu pour le 1er semestre 2023) elle sera directement supérieure à 21% pour le groupe fusionné (actuellement 19,7% pour DSM seul). Un atout pour une entreprise dans un secteur défensif.

Conseil :  C+1

DSM a acquis le statut de qualité inébranlable après un solide ‘trackrecord’ pendant de nombreuses années, mais cette année, il y a des fissures dans le modèle de croissance. Le rachat de Firmenich est un nouveau levier pour sécuriser la croissance à long terme. Il faut certes accepter la valorisation supérieure à la moyenne. Du fait d’un derating, le titre a déjà chuté de 42% en 2022, alors que le bilan est sain. L’investisseur patient peut prendre une position dans cette valeur défensive.