Royal Dutch Shell

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Les prix élevés du pétrole et du gaz dominant l’actualité, les beaux résultats trimestriels du secteur ne surprennent personne. Pourtant, le groupe pétrolier anglo-néerlandais n’a pas répondu aux attentes. En termes nets, il a même subit une perte en raison de réductions de valeur sur des produits dérivés à hauteur de 5,2 mia. USD et de réductions de valeur exceptionnelles pour 300 mio. USD. 

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Le bénéfice ajusté a atteint 4,13 mia. USD (0,53 USD p.a.). Un résultat moins bon que prévu aussi mais à relativiser vu les coûts élevés occasionnés par l’ouragan Ida dans le Golfe du Mexique. Le cash-flow libre net a toutefois atteint un niveau record à 12,2 mia. USD. Avec les désinvestissements, le bilan paraît bien plus sain: une dette nette de 57,5 mia. USD, soit près de 18 mia. USD de moins qu’en début d’année, et le niveau le plus bas depuis le début de 2016. Et ces chiffres ne tiennent pas compte de la vente des activités américaines de gaz de schiste, pour 9,5 mia. USD. De ce montant, 7 mia. USD seront retournés aux actionnaires, probablement via un rachat d’actions. Le dividende trimestriel a déjà été relevé à 0,24 USD p.a., avec la possibilité de nouvelles hausses lors des prochaines années. Shell entend utiliser 20 à 30% du cash-flow libre pour récompenser ses actionnaires. La société vise une hausse annuelle de son dividende de 4%. Le reste sera assuré par des rachats d’actions propres. Le groupe fait tout pour défendre sa notation de crédit AA.

La semaine dernière, deux éléments ont provoqué une onde de choc. D’abord, le fonds de pension néerlandais ABP, le plus grand d’Europe, va vendre ses participations liées aux combustibles fossiles, y compris Shell donc. Ce sera fait début 2023. Et puis, l’activiste Dan Loeb a pris une participation (de 750 mio. USD) dans le groupe pétrolier via le véhicule Third Point. Il exige à présent une scission de Shell en, d’une part, un pôle regroupant les pôles gaz naturel, énergies renouvelables et marketing (stations-service) et, d’autre part, les branches exploration, exploitation, raffinage et chimie. Le CEO du groupe, Ben van Beurden, estime au contraire que les cash-flows de ces dernières doivent servir à la transition énergétique. Quoi qu’il en soit: Loeb estime que Royal Dutch est l’une des grandes capitalisations les moins chères du monde, et qu’elle est en outre 35% moins chère que ses pairs de secteur les plus importants.

Conseil :  C+2

Loeb met surtout le doigt sur l’importante sous-valorisation du titre, qui se profile plus nettement comme une valeur de rendement. Il se peut qu’à court terme, les prix pétroliers aient flambé un peu trop (voir aussi p.13): pour Royal Dutch également, nous attendrions que le cours s’affaiblisse pour faire un nouvel achat.