Siemens: focalisé et ambitieux

©Daniel Karmann/dpa

Siemens continue de vendre des actifs non essentiels. Début janvier, le groupe a cédé Yunex, la filiale active dans la gestion du trafic routier, à l’Italien Atlantia pour 1 mia EUR. En février, on a appris que Körber avait repris la division courrier et colis pour le montant considérable de 1,15 mia EUR. Peu après, Siemens a annoncé son retrait, en juillet prochain, du joint-venture avec Valeo pour les moteurs électriques. Le groupe se débarrasse ainsi de ses pertes tout en encaissant quelque 300 mio. EUR. Que reste-t-il à vendre ? Siemens entend céder une part significative de sa participation d’un peu plus de 35,1% dans la société cotée Siemens Energy, si les conditions de marché le permettent. Vu les problèmes que Siemens Energy éprouve avec sa filiale éolienne Siemens Gamesa, ce n’est pas évident à l’heure actuelle. Le pôle ‘mobilité’, qui livre notamment des rames de train et de tram, ne fait pas non plus partie du cœur de métier du groupe, mais après l’échec d’une fusion (avec Alstom), les marges se sont redressées. Le groupe détient aussi près de 10% dans le prestataire de services IT Atos, mais là aussi, les conditions de marché ne sont pas favorables à une vente. Au total, le portefeuille d’actions cotées représente 49 mia EUR, soit 61,5 EUR p.a. Siemens.

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Entre-temps les activités principales du groupe tournent à plein régime. Les clients payent à l’avance pour être sûr d’obtenir des produits du département automatisation et infrastructures intelligentes. Siemens vise à améliorer ses revenus récurrents de 10% par an (contre 5% du chiffre d’affaires seulement aujourd’hui). Ces revenus récurrents proviennent essentiellement du pôle logiciels industriels que le groupe a développé via une série de petites acquisitions. À terme, la migration vers un modèle ‘saas’ (software-as-a-service) peut améliorer les marges du groupe de 2%, mais voilà longtemps qu’en termes de marges (15,5%), Siemens reste légèrement à la traîne par rapport à ses concurrents. 

Par ailleurs, le marché craint aussi l’impact de l’inflation des coûts. Au 1er trimestre, cet aspect était sous contrôle grâce aux bonnes relations avec les fournisseurs et à des contrats de couverture. Bien entendu, les problèmes avec l’Ukraine/la Russie (2% du chiffre d’affaires) et la logistique en Chine n’épargnent pas Siemens. La toute nouvelle usine automatisée en Chine - une vitrine pour les nouveaux contrats - n’a pas encore attiré beaucoup de clients. 

4x4
Label INV 4x4: croissance durable
  • Perspectives
    croissance du C.A. comparable de 5 à 7% jusqu’en 2026; croissance du bénéfice de 7 à 9% p.a.
  • Bilan
    Dette nette (hors pôle financement)/EBITDA: 1,5
  • Valorisation
    C/B attendu de 13,7; rdt. div. 3,4%; somme des parts 168 EUR p.a.
  • Catalyseurs
    poursuite de la réduction de la structure du holding.


Conseil :  A1

Par crainte de l’impact de l’inflation, des confinements en Chine et des résultats décevants des différentes participations du groupe, l’action a déjà abandonné 25% depuis janvier. Vu sa valorisation attrayante et la décote de 30,5% par rapport à la somme des parts, nous relevons le conseil pour Siemens, une référence dans le monde industriel, à ‘digne d’achat’.