Ageas

©BELGA

Le modèle d’Ageas est solide comme le roc. Le groupe vise l’Asie pour la croissance et l’Europe pour les cash-flows. La combinaison des deux génère des revenus de dividendes annuels substantiels des filiales opérationnelles. De l’argent qui sert ensuite à la rémunération des actionnaires (dividende et rachat d’actions propres). Ageas affirme avoir une marge suffisante pour relever le dividende de 2,65 EUR à 2,75 EUR p.a. Cela coûtera au groupe environ 500 mio. EUR. L’an dernier, Ageas a reçu 725 mio. EUR (+10%) de ses filiales. Plus que suffisant pour financer les frais du holding (125 mio. EUR), le reste du programme de rachat d’actions (55 mio. EUR) et le dividende.

Le solide flux de dividendes des filiales a masqué qu’Ageas a en réalité connu une année 2021 difficile, avec de nombreuses catastrophes climatiques (Wallonie, Royaume-Uni) pesant sur le bénéfice du pôle non-vie (-16,1%). Heureusement, le groupe était bien ‘réassuré’ pour ces catastrophes. Par ailleurs, Ageas est avant tout un assureur vie (environ 70% du bénéfice), où la croissance du bénéfice était forte, à 30% en 2021. Enfin, le partenaire en Chine a aussi réalisé un résultat exceptionnellement bon et a encore augmenté son taux de distribution (65%). Bien que le bénéfice en Chine puisse légèrement diminuer cette année, le ratio de distribution élevé devrait se maintenir.

©BELGA

Travailler avec des partenaires est depuis peu mal perçu par les investisseurs. Le gouvernement (chinois) peut toujours prendre des décisions défavorables contre les groupes financiers étrangers. De plus, Ageas n’a aucun contrôle sur le montant des dividendes et est soumis aux décisions locales. Toutefois, ces partenaires financiers lui ont été profitables jusqu'à ce jour. Un vaste réseau de distribution vaut son pesant d’or et en quelques années, la contribution aux bénéfices de l’Asie a considérablement augmenté (jusqu’au niveau de la filiale belge). 

On ne sait pas encore exactement ce qu’Ageas fera de son expansion en Europe. Le groupe est à la recherche d’un quatrième pôle, mais est devenu un tout petit acteur au Royaume-Uni après la scission avec Tesco. Heureusement, le Royaume-Uni est désormais rentable. Il faut attendre de voir comment le trésor de guerre de 1,1 mia. EUR en cash sera dépensé au niveau du holding.De l’élément spéculatif (proie potentielle), il ne reste rien. L’entrée de l’État belge comme actionnaire rassure la direction, mais décourage les acheteurs potentiels.

 

Conseil :  C+2

Grâce à une bonne gestion et à la diversification, le rendement dividendaire de 6,6% est durable. Ceux qui ne possèdent pas encore d’actions peuvent prendre une position. Les actionnaires existants feraient mieux de viser des baisses sous 40 EUR pour accumuler.