Banque Nationale de Belgique

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Non, vous n’avez pas raté les chiffres semestriels de la Banque nationale de Belgique. En effet, la BNB ne se considère pas comme une entreprise traditionnelle: aucune maximisation des bénéfices et les intérêts des (petits) actionnaires ne sont pas primordiaux. C’est pourquoi seuls les chiffres annuels sont publiés. L’une des tâches essentielles (imposée par la BCE) est d’acheter du papier obligataire. Cela s’est traduit par une hausse des revenus d’intérêts ces dernières années, simplement en raison de la taille colossale de ces achats. En revanche, le taux d’intérêt moyen ne cesse de baisser: les obligations plus anciennes et à haut rendement arrivent à échéance et sont réinvesties dans des obligations à taux même négatifs. Cela implique également des risques accrus, précisément parce que le marché obligataire prend des proportions de bulle. Un danger qui est reconnu, car l’institut a réservé 413 mio. EUR, soit la moitié de son bénéfice 2019, pour créer un tampon. Bien que la valeur comptable soit désormais 9 fois supérieure au cours de l’action (et la valeur réelle encore plus élevée), il est conseillé d’augmenter le degré de risque de 2 à 3 (risque supérieur à la moyenne).

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Le maintien des dividendes faibles mais en hausse remonte à plus de dix ans. En 2011, 124 EUR nets p.a. ont été versés. Sur l’exercice 2019, ce n’était que 85,8 EUR, néanmoins bon pour un rendement net de 4,7% aux cours actuels. À moins que la vente d’immobilier ne génère des gains en capital (car cela compte comme base), le dividende sera probablement encore plus bas l’an prochain. En effet, la BNB détient 50.100 actions de la Banque des règlements internationaux (BRI), dont les dividendes ont contribué à hauteur de 9,24 EUR (net) p.a. de la BNB cette année. La BRI a décidé de ne pas verser de dividende cette année, de sorte que cette contribution disparaîtra l’an prochain.

Les actionnaires ne doivent pas trop se concentrer sur le fait que le bénéfice annuel est supérieur au cours de l’action et que la valeur comptable (16.282 EUR p.a.) est neuf fois plus élevée. Ce n’est pas une entreprise normale! Des actionnaires militants qui, dans le passé, espéraient obtenir un  dividende supérieur ou une OPA généreuse n’auront pas été écoutés. Ils n’ont pas tort de dire que la BNB n’a pas sa place en bourse, mais avoir raison et obtenir gain de cause sont deux choses différentes. Néanmoins, l’État belge ferait une bonne affaire, même s’il delistait le titre au cours record de 2010.