Investir en Amérique Latine

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Les marchés boursiers latino-américains échappent cette année au malaise boursier mondial. Le Brésil en particulier, qui représente plus de la moitié de la capitalisation boursière latino-américaine, affiche des performances remarquables.

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Le retour de Lula

Au Brésil, tous les regards sont tournés vers les élections présidentielles du 2 octobre (avec un éventuel second tour le 30 octobre). Dans les sondages, l’ancien président Lula a une solide avance sur Bolsonaro, mais le marché est assez confiant qu’il n’y aura pas de forte poussée vers la gauche.

Néanmoins, le résultat sera très important pour Petrobras, le géant pétrolier dont l’État détient un peu plus de 50% du capital. Si les plans de privatisation actuels se poursuivent, l’action bon marché pourrait facilement doubler. Si, d’autre part, le gouvernement renforce son contrôle et utilise la société pour résoudre les problèmes budgétaires, la sous-évaluation du titre pourrait encore augmenter.

Petrobras s’était complètement redressé ces dernières années après les années difficiles sous la précédente présidente Rousseff. Les dettes ont été fortement réduites et la société a pu verser 3 dividendes trimestriels cette année, pour un total de 3,15 USD p.a. (soit un rendement brut de 23,5%!). Avec ses énormes réserves de pétrole pré-salé, Petrobras a un grand potentiel de croissance.

Des matières premières d’avenir

La transition mondiale vers les énergies renouvelables et les voitures électriques augmentera sensiblement la demande de matières premières, et le secteur minier latino-américain jouera un rôle clé. Avec les niveaux de production actuels, il y aura des pénuries de nickel et de cuivre d’ici 2026 à 2027. Le Chili et le Pérou sont les plus grands producteurs de cuivre. La demande de lithium augmentera aussi fortement. Le Chili, la Bolivie et le Pérou détiennent ensemble plus de la moitié des réserves mondiales de lithium.

Le producteur de minerai de fer Vale, la plus grande action d’Amérique latine, prévoit de doubler sa production de nickel et de tripler celle de cuivre d’ici 2030. Le minerai de fer, quant à lui, reste plus cyclique, mais là aussi Vale est optimiste grâce à une reprise attendue de la demande chinoise. Vale est une action bon marché (C/B de 3,6) qui est également soutenue par des rachats d’actions propres.

Le chilien SQM est le plus grand producteur de lithium au monde. Le lithium représente déjà environ les trois quarts du chiffre d’affaires cette année (le reste étant principalement des engrais).

Taux et banques

Soutenues par les hausses de taux, les marges des banques sud-américaines se sont redressées. Par ailleurs, les banques brésiliennes ont également connu une croissance spectaculaire des crédits au premier semestre. Itau Unibanco s’attend à ce que le portefeuille de crédits progresse de 15,5 à 17,5% cette année (contre 9 à 12% initialement prévu). Les grandes banques investissent dans leurs canaux digitaux pour se prémunir contre la concurrence du secteur des fintech.

Mexicains défensifs

Les poids lourds mexicains sont des actions plus défensives. America Movil est un peu plus cher que ses pairs de secteur locaux, mais cela s’explique en partie par sa position de leader en Amérique latine et les perspectives de croissance grâce au déploiement de la 5G et du réseau fibre.

Dans la période d’inflation actuelle, Walmex réussit à gagner des parts de marché grâce à ses prix bas.