Airbus

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Le concurrent Boeing a relevé ses attentes pour l’aviation et la défense la semaine dernière. Boeing estime le marché pour les dix prochaines années à 9.000 mia. USD, contre 8.550 mia. USD l’an dernier. Les forces motrices sont la croissance économique, la demande croissante de trafic de fret (e.a. en raison du e-commerce) et la demande en avions plus écologiques. Pour ces derniers, on s’attend à ce que dans les 20 prochaines années, environ 80% de la flotte mondiale soit remplacée pour des raisons environnementales (en plus, des avions plus économes en carburant).

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La reprise du trafic d’affaires est incertaine. Il faudra des années avant de revenir au niveau de 2019. Certaines sociétés réduisent aussi progressivement les voyages d’affaires pour réduire leurs émissions. Néanmoins, les prévisions étaient également sombres pour les voyages d’affaires en 2008 (crise financière) et en 2001 (9/11), mais à chaque fois, une forte reprise a suivi.

La gestion de la chaîne d’approvisionnement sera un défi au cours des 12 à 18 prochains mois. Les difficultés rencontrées par les fournisseurs et la pénurie de composants seront un facteur. Cela aura également un impact sur la vigueur de la reprise de l’industrie. Airbus et Boeing sont de loin les deux plus grands constructeurs d’avions. L’évolution divergente des cours ces derniers mois est frappante (voir graphique).   Airbus a déjà livré 384 appareils lors des 8 premiers mois, bien plus que Boeing. Le populaire A320 représente 84% des appareils livrés, suivi de l’A350 (8%) et de l’A220 (7%). La société vise la livraison de 600 appareils cette année, ce qui reste possible. Airbus aura donc un cash-flow libre positif cette année, alors que Boeing consommera  toujours du cash. Boeing a reçu beaucoup plus de commandes cette année. Au premier semestre, il n’y a eu que 38 commandes nettes (commandes moins annulations), mais après 8 mois, il y en a déjà 269. Le carnet de commandes en baisse (6.925 unités fin juin contre 6.998 fin mars) repart à nouveau à la hausse. Airbus est le plus sain des deux. Fin juin, le bilan affichait une trésorerie nette de 6,5 mia. EUR (8,26 EUR p.a.) et celle-ci augmentera encore dans les années à venir.

Fournisseurs français

Latécoère fabrique, e.a., des portes et des fuselages pour avions, notamment pour l’A350. Les résultats semestriels que la société a annoncés la semaine dernière n’étaient pas vraiment réjouissants. La société continue de s’attendre à une baisse organique du chiffre d’affaires de 25%. Ce sera -10% grâce aux acquisitions. Ceci alors que le cash-flow libre est négatif. Le bilan s’est amélioré grâce à la récente grosse augmentation de capital, mais tout est dit. C’est une toute autre histoire pour Safran, qui fournit e.a. moteurs et trains d’atterrissage. En organique, le chiffre d’affaires ne baissera que de 1 à 4% et le cash-flow libre sera positif, même plus élevé qu’en 2020.
Safran a donc notre préférence. Une première position peut être prise autour du niveau actuel. Nous restons à l’écart pour Latécoère.

Mise à jour du conseil :  C+

Contrairement à Boeing, Airbus dispose d'une trésorerie nette confortable. En cas de nouveau repli du cours en direction de 90 à 95 EUR, une position peut être prise.