Sanofi

La semaine écoulée a été riche en nouvelles pour Sanofi. Tout d’abord, nous attendions le nouveau pic de C.A. qui devait être annoncé pour le Dupixent, le joyaux de la société pharmaceutique. En 2021, ce médicament contre, e.a., l’asthme et l’eczéma a généré un C.A. de 5,25 mia. EUR (14% du C.A. du groupe) et Sanofi s’attend à ce qu’il s’élève à au moins 13 mia. EUR à terme. Cela fera du Dupixent l’un des médicaments les plus vendus. Actuellement, le médicament contre les rhumatismes Humira, avec un C.A. d’environ 19 mia. EUR (2021) est le médicament le plus vendu au monde (hors produits Covid). Le marché a d’abord réagi déçu, puisque le consensus était de 13,8 mia. EUR. Ces 13 mia. EUR attendus peuvent encore être relevés ultérieurement si les résultats de l’étude pour la maladie pulmonaire MPOC, attendus en 2023, s’avèrent positifs. Quoi qu’il en soit, le Dupixent sera encore longtemps le moteur de croissance de Sanofi, mais le C.A. des produits immunologiques devrait quadrupler pour atteindre 20 mia. EUR d’ici 2030. Outre le Dupixent, Sanofi a d’autres médicaments potentiels, dont l’itepekimab (dont BPCO, résultats en 2024).

Cela ferait presque oublier que Sanofi a toujours un pôle vaccins en pleine croissance. Par ailleurs, Sanofi a annoncé une collaboration avec IGM Biosciences pour une nouvelle classe d’anticorps destinés au traitement du cancer, de l’immunologie et des maladies inflammatoires. Sanofi débourse immédiatement 150 mio. USD. La valeur totale de l’accord pourrait s’élever à plus de 6 mia. USD, en fonction de la réalisation de certains ‘milestones’. Les sociétés pharmas ont de plus en plus recours à de tels accords pour renforcer leur pipeline produits. Sa saine structure bilantaire le permet. En mars, un programme de recherche sur le cancer du sein était décevant.

©sanofi
Spin-Off ‘Euroapi’ le 6 mai

EUROAPI est active dans les API (Active Pharmaceutical Ingredients) ou substances actives qui doivent assurer l’efficacité du médicament. EUROAPI est le n°1 mondial des petites molécules. Le marché est très fragmenté et l’entreprise veut agir comme un consolidateur. La société est également active dans des molécules plus grosses telles que les peptides, un marché qui se développe plus rapidement. L’activité du CDMO (e.a. le matériel d’essais cliniques, la fabrication des lots d’enregistrement, les formulations, la production) prendra également de l’importance. Pour 2022, l’entreprise vise un C.A. de 1 mia. EUR (+10,7%) et d’ici 2025, elle vise une croissance moyenne de 6 à 7%/an. La marge EBITDA devrait se rapprocher de celle de ses pairs du secteur (> 20%) d’ici 2025. Selon le prospectus, cette scission est considérée comme un dividende en France et donc tant sur le dividende ordinaire (EUR 3,3 p.a.) que sur l’attribution des actions EUROAPI 25% (ou le taux réduit de 12,8%) est dû. Nous supposons qu’il en sera de même en Belgique (30%). Nous attribuons une valeur de 2 mia. EUR à EUROAPI. Pour les 58% des actions distribuées, cela représente 1,15 mia. EUR (0,92 EUR p.a. Sanofi). L’impact fiscal est donc négligeable. Le dividende ordinaire inclus, on ne parle ‘que’ de 2%. 

Details IPO EUROAPI

  • Spin-off:                  6 mai
  • Première journée de négoce:            6 mai 
  • Marché: Euronext Paris
  • Code ISIN: FR0014008VX5
  • Rapport:  par 23 Sanofi 1 EUROAPI
  • Livraison actions:                10 mai
  • Dividende: au plus tôt en 2026

Conseil :  C+2

Sanofi n’est pas cher (<10 fois l’EBITDA), donc l’action est certainement à conserver. L’impact fiscal du spin-off (voir encadré) est négligeable, mais il est dommage qu’on se retrouve alors avec un tout petit paquet d’actions EUROAPI. Si vous voulez éviter cela, vendez Sanofi au plus tard le 5 mai pour le racheter le 6 mai.