Ubisoft

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L’année boursière n’en est qu’à ses débuts, mais nous avons déjà assisté à des rachats spectaculaires dans le secteur des jeux. Microsoft a lancé une OPA de plusieurs milliards USD sur Activision Blizzard, Take-Two Interactive sur Zynga et Sony sur Bungie. Le groupe français Ubisoft est-il le prochain sur la liste?

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Ce n’est pas un hasard si une vague de consolidation sans précédent est en train de se produire. L’appétit des investisseurs pour les sociétés de jeux s’est refroidi un certain temps et les valorisations ont fortement chuté. Les pairs de secteur peuvent réaliser des économies d’échelle en unissant leurs forces. De plus, les grandes sociétés technologiques misent de plus en plus sur le secteur. Des entreprises telles que Netflix, Google, Microsoft et Amazon.com recherchent avec voracité des contenus à proposer via des formules d’abonnement. La pénurie sans précédent sur le marché du travail joue également un rôle. Quiconque reprend des studios à succès met la main sur du personnel talentueux.

Ubisoft est connu pour ses franchises populaires telles que Assassin’s Creed et Far Cry. Il est spécialisé dans les lancements périodiques de jeux de qualité. Du coup, il a moins de concurrence des petits studios, mais a un modèle de revenus erratique. Le succès ou l’échec de quelques jeux par an a un impact majeur sur les résultats. Le titre a pris un coup car la société a dû reporter plusieurs fois des lancements. Au 3ème trimestre fiscal (à fin décembre), le C.A. (‘net bookings’) a baissé de 26%. La demande exceptionnellement forte de jeux pendant les confinements a fourni une base de comparaison solide. De plus, le télétravail et l’absentéisme ont rendu plus difficile le développement de jeux. La direction croit toujours à un C.A. stable, voire en léger repli pour l’année, grâce à la forte dynamique du trimestre en cours. Elle parle de l’un des pipelines les plus remplis de tous les temps, ce qui devrait assurer à nouveau la croissance à partir du prochain exercice. Le ratio dette nette/EBITDA de 0,7 est gérable. Ubisoft a une marge bien inférieure à celle des ténors du secteur. Cela laisse beaucoup de place à l’optimisation et aux économies de coûts par un acheteur potentiel. Le conseil d’administration (CA) s’est déjà opposé à des tentatives de rachat par Electronic Arts et Vivendi. Dans le dernier rapport trimestriel, le CA s’est toutefois montré bien plus clément à un éventuel rachat.

Conseil :  C+3

Ubisoft est valorisé de façon comparable à ses pairs (19,6 fois le bénéfice pour le prochain exercice). Le ratio valeur d’entreprise/C.A. de 2,6 est très faible, ce qui indique des gains d’efficacité potentiels. Avec ses franchises solides, son pipeline bien rempli et son personnel talentueux, Ubisoft est une proie à la fois pour un pair et un acteur technologique majeur. Conservez fermement.