Microsoft, champion du cloud

©REUTERS

Alors que d’autres valeurs technologiques ont été fortement sanctionnées, le malaise chez Microsoft ne semble pas trop grave. Néanmoins, l’action a perdu plus d’un quart de sa valeur depuis le sommet. Une opportunité d’achat?

Les résultats du dernier trimestre montrent que les activités continuent de croître à un bon rythme. A taux de change constants, le C.A. a grimpé de 16%. En raison de la cherté du dollar, c’était 11% en chiffres publiés. Les outils de productivité ont poursuivi leur forte croissance, en partie grâce à Office 365 et aux services premium, en partie grâce à la hausse des prix. L’évolution vers le télétravail augmente la demande d’applications de collaboration telles que Teams. La plateforme de réseau professionnel LinkedIn a aussi continué à bien croître. On s’attend ici à un ralentissement, en raison d’un refroidissement du marché de la publicité et du travail. Les ventes du système d’exploitation Windows ont diminué, en raison d’un marché des PC en forte baisse. Cette tendance devrait se poursuivre lors du trimestre en cours. La direction s’attend aussi à une baisse des jeux (qui ont enregistré des performances modérées).

Le pôle cloud, avec la plateforme Azure, était encore un important moteur de croissance. Les investisseurs ont été déçus par les prévisions prudentes faites par la direction. En soi, il n’est pas illogique qu’un segment déjà aussi gros commence à croître à un rythme plus normal. Les clients accorderaient plus d’attention à leurs dépenses dans le cloud en raison de l’environnement macro erratique. Les activités cloud sont plus cycliques que les activités informatiques classiques. Les clients paient pour une utilisation variable des services, au lieu d’un coût fixe. Ainsi, pendant la pandémie, l’utilisation dans les secteurs touchés comme le tourisme s’est brièvement arrêtée. La hausse des coûts énergétiques et autres des centres de données pèse actuellement sur les marges. À plus long terme, Microsoft semble être un gagnant du cloud. Le concurrent Amazon Web Services a été un pionnier du segment et a connu une croissance rapide, surtout parmi les jeunes entreprises (technologiques). La croissance future viendra surtout des grands acteurs, des gouvernements et des secteurs hautement réglementés. Ils ne déplaceront qu’une partie de leurs opérations vers le cloud. Microsoft excelle avec une offre hybride car il travaille déjà avec plusieurs de ces clients. De plus, il propose de nombreux autres logiciels, comme la cybersécurité. La société réduirait les embauches, mais affirme rester en mode investissement. A taux de change constants, le C.A. et le bénéfice opérationnel devraient encore connaître une croissance ‘à deux chiffres’ pour l’exercice clos fin juin.

Microsoft a de grands projets pour les jeux et le métaverse. Avec Xbox, il a une forte présence sur le marché des consoles et avec HoloLens, il se concentre sur la réalité virtuelle et augmentée (VR/AR). Il veut aussi développer de plus en plus de contenus. Cela inclut le rachat du développeur de jeux Activision Blizzard pour 69 Mrd USD. Cependant, les régulateurs aux É.-U., au R.-U. et dans l’UE s’y opposent. Ils craignent que le groupe ait une mainmise trop forte sur le marché des consoles. La fusion en ferait le n°3 des développeurs de jeux au monde après Tencent et Sony.

Conseil :  C+1

Microsoft est un acteur unique avec des sources de revenus très diverses. Il a une solide position de marché sur des segments en forte croissance, avec la numérisation comme moteur. Un environnement macroéconomique difficile pourrait peser sur la croissance à court terme. Le bilan est sain avec une trésorerie nette. Nous considérons le titre comme un bon investissement à long terme, mais le titre n’est pas bon marché. A conserver.