Walt Disney

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Pour la société de divertissement américaine, la première phase de la pandémie n’aura pas été simple. Les parcs d’attractions ont dû fermer pendant de nombreux mois et le pôle ‘film’ (e.a. Disney, Marvel, Lucas Film et 20th Century Fox) était en veilleuse; d’ailleurs les cinémas étaient fermés. Après une implosion initiale (< 90 USD), le cours s’est redressé rapidement, atteignant un record à plus de 200 USD en mars 2021. Actuellement, le titre cote un quart plus bas.Après le krach en mars 2020, Walt Disney a malgré tout pu attirer pas mal d’acheteurs grâce au lancement du service de streaming Disney+ en novembre 2019. En toute logique, tous les rapports trimestriels depuis lors se sont concentrés sur la croissance du nombre d’abonnés. Disney+ compte 118 millions de clients en deux ans. Netflix a mis 8 ans pour atteindre le même nombre (le leader du marché en compte désormais 209 millions). En ajoutant les autres activités de streaming de Walt Disney (ESPN+ et Hulu), le compteur s’élève à 179 millions de clients.Au dernier trimestre (juillet-septembre 2021), seuls 2,1 millions ont été ajoutés, bien moins que prévu (environ 10 mio.), faisant douter que le groupe atteindra l’objectif de 230 à 260 millions de clients en 2024. Il y a toutefois encore du potentiel: Disney+ n’est présent que dans un tiers des pays où Netflix est actif.

Autre grosse différence : Netflix réalise de beaux profits avec son streaming (marge EBIT: 22,7 %), alors que Disney estime que ce pôle ne sera rentable qu’en 2024. La marge du groupe Disney, qui devrait s’élever à environ 15% cet exercice (jusqu’à fin septembre ‘22), souffre des investissements dans Disney+. Juste avant la pandémie, Walt Disney réalisait également une marge de 20%, un pourcentage qui ne sera peut-être à nouveau atteignable qu’en… 2025. Tout dépend de la rentabilité de Disney+. Mais le pôle streaming pourrait éventuellement conduire à un rerating du titre. En effet, Netflix cote à 34 fois l’EV/EBITDA 2022(e). Chez Walt Disney, c’est moitié moins.

Là où Disney n’obtient pas un score élevé, c’est au niveau de son bilan. Jusqu’en 2019, ce membre du Dow Jones avait encore un rating A+ chez S&P. Cette année-là, Disney a déboursé plus de 70 mia. USD pour s’offrir 20th Century Fox. Une bonne opération en soi, mais délicate quand l’EBITDA implose en 2020. Le ratio DN/EBITDA était supérieur à 4. Cet exercice-ci,  en supposant que les parcs à thèmes refonctionnent plus ou moins " normalement " (ce qui n’est pas encore le cas), ce ratio pourrait baisser vers 2,5. Disney a actuellement un rating BBB+. En mars 2021, la perspective a été relevée à " stable ", ce qui rend moins probable le risque d’une nouvelle dégradation du rating.

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Conseil :  C+2

En pleine année Covid 2020 (jusqu’au 30/09), Walt Disney n’a réalisé que 1,5 USD de bénéfice courant p.a. (5,7 USD l’année d’avant). Cette année, au moins 4 USD sont possibles. Si Disney+ continue d’afficher de bons chiffres de croissance, un profit de 7 USD en 2024 n’est pas inconcevable. Dans ce cas, Disney peut difficilement être qualifié de cher après son repli. Le conseil est relevé à ‘première position’ (idéalement sous 150 USD).