Actions festives

Bien que l’humanité soit toujours en proie au Covid, elle a appris à mieux y faire face. Fini la paralysie économique, et un consommateur qui - grâce à une leçon de relativité et d’humilité - ouvrira plus facilement son portefeuille pour profiter des bonnes choses de la vie. Nous n’en sommes pas encore aux ‘années folles’ (1920) en raison de plusieurs restrictions, mais le consommateur célébrera la fin d’année, probablement chez lui. Les cadeaux et la nourriture/boissons peuvent coûter un peu plus cher cette année. Les actions concernées évoluent souvent bien en dessous du niveau pré-Covid, de sorte que la valeur d’attente n’a pas trop augmenté. Une faible valeur d’attente associée à une faible valorisation peut conduire à un rebond significatif de ces valeurs post-corona à long terme. En tant qu’actionnaire, vous pouvez contribuer en achetant des produits de ‘votre’ entreprise. C’est ce qu’on appelle associer l’utile à l’agréable. Quelques idées... 

Compagnie Bois Sauvage[[urn:issue:60124575]]

Le principal poste du holding bruxellois, avec des actifs sous gestion d’environ 800 mio. EUR, est UBCM (United Belgian Chocolate Makers), dont le fabricant de pralines Neuhaus est la principale division. Le 4ème trimestre en cours est important pour la vente de pralines, le cadeau de fin d’année idéal. Bien qu’il y ait déjà eu une belle reprise des ventes en 2021, le niveau pré-covid n’est pas encore atteint. Pour cela, il faut attendre une nette reprise des ventes dans les aéroports. Pour l’heure, nous valorisons UBCM à 316 mio.EUR, un peu plus que l’estimation de Bois Sauvage (BS) à fin 2020. C’est loin d’être cher, sachant que lors des années normales 2018 et 2019 un EBITDA de respectivement 35,3 et 49,9 mio. EUR a été enregistré. Ce dernier chiffre a certes bénéficié de nouvelles normes comptables. 

Bien que UBCM soit l’actif le plus important, la vente de sa participation de 27% dans Recticel (à 13,5 EUR/pièce) a attiré le plus l’attention. Pour l’instant, nous incluons dans le tableau le prix d’acquisition que le candidat acquéreur Greiner est prêt à payer. Lorsque l’opération sera bouclée, BS sera libre de toute dette. Cependant, la manière dont BS a conclu cet accord avec Greiner a porté atteinte à sa réputation. La récente chute d’Umicore a également pesé sur la valeur intrinsèque, mais il y a un potentiel de reprise.

BS se négocie avec une décote de 32%, supérieure à la moyenne. Si les titres Recticel ne sont pas vendus à Greiner (ce qui est pourtant l’intention de BS), cette participation vaut 159,5 EUR p.a. au cours actuel. La valeur intrinsèque de BS s’élèverait donc à 526,1 EUR. Achetez sur repli.

Floridienne[[urn:issue:60124593]]

Le pôle ‘aliments festifs’ joue un rôle important, bien que secondaire. En effet, ces dernières années, l’attention s’est portée sur le développement de Biobest (pollinisation des cultures, protection biologique des cultures). Avec une gamme de 12 sociétés différentes, ‘Gourmet Foods’ est surtout actif dans les spécialités gastronomiques (françaises) telles que les coquilles Saint-Jacques, les escargots... et diverses spécialités de poissons (rollmops) et d’épicerie fine (sauces, vinaigres, tartinades...). Le groupe répond également aux tendances autour du véganisme et de la culture durable. Les fermetures de l’horeca, le manque de fêtes et de restauration collective (universités e.a.) ont fait que ce pôle a vu son C.A. chuter de 17% en 2020. L’EBITDA est certes resté stable grâce à la baisse des coûts des matières premières (beurre). La focalisation sur les niches rentables et la distribution de gros (en lieu et place de l’horeca) conduiront à une reprise du C.A. cette année. La rentabilité est également en hausse sur les neuf premiers mois, car les pôles déficitaires (saumon et salades préparées) ont été cédés. Le 4ème trimestre est la période la plus importante.

Floridienne est diversifié, mais Biobest (421 EUR p.a. sur base du dernier tour de table) est déterminant. En novembre, une partie externe a été engagée pour financer SNAM (recyclage des batteries) en prévision d’une IPO. La valorisation (23 EUR p.a.) est un peu décevante, mais en plus du pôle aliments festifs, il y a également Enzybel (enzymes) qui peut créer de la valeur actionnariale. Après la forte hausse du cours (+88% cette année), Floridienne est à conserver. 

Savencia[[urn:issue:360115851]]

Savencia est le 5ème transformateur de lait au monde. Environ 60% du C.A. provient de la vente de fromages et de spécialités fromagères. Le reste provient de la vente de produits laitiers (notamment crème, beurre, poudre de lait). Autrement dit, des produits divers qui sont encore plus consommés en fin d’année. Le quatrième trimestre est donc traditionnellement le meilleur de l’année, bien que l’impact ne doit pas être surestimé. En effet, il s’agit traditionnellement de 27 à 28% du C.A.

Savencia a dépassé les niveaux pré-Covid début 2021, mais a fortement corrigé ces derniers mois. La forte augmentation du nombre d’infections en Europe et les confinements ‘légers’ freinent la croissance du C.A. A 3,5 fois l’EBITDA et 0,6 fois la valeur comptable, la valorisation est très faible. Le conseil est relevé à ‘digne d’achat’. 

Vranken-Pommery[[urn:issue:360124546]]

La majeure partie du C.A. de Vranken-Pommery est réalisée aux 3ème et 4ème trimestres. Particuliers et professionnels (horeca, événementiel) font alors le plein de champagne. Que celui-ci sera réellement consommé dépend de la fermeture ou non de l’horeca (mais aussi de l’heure de fermeture). Dans tous les cas, la consommation domestique sera à un niveau élevé. Selon l’association professionnelle du champagne, nous nous dirigeons vers des ventes record avec 315 millions de bouteilles. Au 1er semestre, le C.A. de Vranken-Pommery a déjà augmenté de 45%. Cette augmentation ne doit pas être extrapolée, car les deux tiers du C.A. sont réalisés au second semestre. Fait encourageant, les ventes ont déjà dépassé les niveaux d’avant la pandémie. Nous connaîtrons le 27 janvier le C.A. réalisé pour 2021. Vranken-Pommery réalise également un quart du C.A. de la vente de vins effervescents et rosés, de vins blancs et rouges.

Le fait que l’essentiel du C.A. soit réalisé en fin d’année ne signifie pas que le titre anticipera une bonne période de fin d’année. Le fait est que la valoristion est toujours historiquement basse et que l’immobilier vaut le double du cours actuel de l’action. Les dettes sont élevées, mais elles sont presque couvertes par les stocks de champagne. Vranken-Pommery est intéressant pour une position limitée.

Distillateurs dynamiques

Alors que la plupart des brasseurs peinent en bourse, les producteurs de spiritueux se portent bien. Cette catégorie de boissons gagne en importance, grâce à la popularité croissante des boissons mélangées. Les cocktails font de plus en plus leur apparition sur les tables de fête. De grands groupes comme Diageo (C+ 2) et Pernod Ricard (C+ 2) ont atteint des niveaux records. Ils se négocient à près de 30 fois les bénéfices prévus; il est donc préférable d’attendre avant de prendre position. A Amsterdam, la ‘small cap’ Lucas Bols (A 3) cote à seulement 12 fois le bénéfice 2021 et est beaucoup moins chère. La croissance est plus lente et le ratio d’endettement plus élevé, mais une forte reprise au-dessus des niveaux pré-covid est attendue cette année. La croissance est surtout forte sur l’attrayant marché américain. Récemment, 29 mio. EUR ont été facilement levés grâce à un placement privé (et ce, sans décote). Le CEO y a participé. D’autres dirigeants ont également acheté des actions l’an dernier, signe de confiance! Outre le financement de plusieurs acquisitions (Tequila Partida et Nuvo), le produit est utilisé pour rembourser des dettes. L’action a pris du retard par rapport à la reprise des marchés et n’a pas encore digéré le crash Covid. Lucas Bols est notre préféré parmi les producteurs de boissons. Après ses résultats semestriels, l’action a déjà rebondi une première fois, mais nous restons acheteurs.