Biotech: vers une meilleure année 2022?

La ‘biotech’ a connu une année difficile. L’indice Next Biotech, qui regroupe les actions biotechnologiques cotées sur Euronext, a perdu 11,7% depuis le début de l’année. Galapagos et Bone Therapeutics ont publié des données d’études décevantes. De plus, il y a eu plusieurs retards dus au Covid-19 dans le recrutement des patients. Mais il y avait aussi des nouvelles positives. Mithra a reçu l’approbation pour sa pilule contraceptive Estelle et argenx attend avec impatience la décision de la FDA le 17 décembre pour son médicament contre la maladie musculaire MG. Et c’est le flux de nouvelles qui fait bouger les cours, surtout tant qu’il n’y a pas de produit sur le marché. C’est pourquoi nous regardons vers 2022 et passons en revue les faits les plus importants attendus. Nous ne reprenons pas UCB dans cet aperçu car il s’agit d’une société biopharmaceutique mature.

argenx: vers l’approbation

argenx pèse de loin le plus à la bourse de Bruxelles grâce aux solides données sur l’efgartigimod contre la maladie musculaire MG. Nous saurons vendredi si la FDA donne son feu vert pour celui-ci. La décision des autorités sanitaires européennes (EMA) est attendue au premier semestre 2022. Au premier semestre, la société publiera des données de phase 3 de l’efgartigimod contre la MG, mais pour une forme d’administration sous-cutanée au lieu de la voie intraveineuse (ce que la FDA décidera vendredi). Par ailleurs, il y aura aussi des données de phase 3 pour l’efgartigimod pour une deuxième indication ITP (maladie du sang, intraveineuse). Des positions avec un poids approprié peuvent certainement être conservées.

Galapagos: décimé

Galapagos a connu une mauvaise année 2021 avec un cours presque divisé par deux. Le titre cote sous la position de trésorerie depuis un certain temps maintenant. Vu l’abandon de nombreux candidats-traitements en fin de phase clinique, les programmes de recherche restants sont plutôt précoces (influençant donc moins le cours) et quelques nouvelles à leurs sujets (e.a. l’étude de phase 1b du GLPG0555 pour l’arthrose) peuvent être attendues. Pour les données de programmes plus avancés (phases 2 et 3), il faut attendre 2023. En attendant, cette ‘biotech’ travaille à la poursuite du déploiement en Europe de Jyseleca (rhumatismes et maladies intestinales CU). Ce qui peut influencer le cours, c’est la recherche d’un nouveau PDG et CSO (chef scientifique) et l’utilisation possible d’une partie du cash (accord de licence ?) pour amener de nouveaux médicaments. Nous relevons notre conseil à ‘première position’ pour les investisseurs conscients du risque. Si l’on tient compte d’un ‘cash burn’ de resp. 450 et 400 mio. EUR en 2022 et 2023, Galapagos peut encore conclure un beau deal (d’environ 850 mio. EUR) et aurait encore 3 mia. EUR en cash, son poids boursier actuel.

Iteos: grâce au deal avec GSK

iTeos Therapeutics a opté pour une cotation sur le Nasdaq en juillet de l’année dernière. Introduit à 19 USD, le cours en vaut aujourd’hui environ le double. C’est grâce à l’accord de licence avec GSK pour le médicament potentiel contre le cancer EOS-448, où la société a reçu directement 625 mio. USD. En conséquence, elle n’aura en principe aucun souci de trésorerie d’ici 2026. Au deuxième trimestre, nous surveillerons les données de la phase 1/2a pour l’EOS-448 et les données intermédiaires (phase 1/1b) pour l’EOS-850. Grâce à l’accord avec GSK, le cash représente 80% du cours. A conserver. Une position spéculative peut être prise en cas de correction (<30 USD). 

Mithra: espoirs pour le donesta

2022 promet d’être une année passionnante pour Mithra. Nous surveillerons les données d’efficacité de la phase 3 du Donesta (ménopause) début 2022. Les données de sécurité ne sont pas attendues avant fin 2022, mais aucun problème n’est attendu ici car l’estetrol a déjà prouvé son innocuité. Pourquoi Donesta est-il si important? Le potentiel de marché est plus important et les marges sur ce produit bien plus élevées (coût de production beaucoup plus faible). Un accord de commercialisation (avec de bonnes données, attendu en 2022) sera donc bien plus lucratif. Mais les données peuvent toujours être décevantes, même si les risques en phase 3 sont moindres qu’en phase 2. L’évolution des ventes de Nextstellis (contraception) aux USA est aussi importante. Et enfin, le générique Myring (anneau vaginal) sera-t-il enfin approuvé? Mayne Pharma a soumis les réponses concernant Myring à la FDA et une nouvelle décision pourrait suivre lors du second semestre. Mithra est intéressant pour une position limitée. 

Oxurion: vivement 2023

Oxurion a déjà pesé plus d’1,5 mia. EUR en bourse, lorsque le nom était encore Thrombogenics. Aujourd’hui, la société est un lilliputien en bourse. Elle a deux produits dans le pipeline, tous deux en phase 2 contre la maladie oculaire DME, mais les résultats définitifs sont pour la mi-2023 et le second semestre 2023. Des données intermédiaires encourageantes ont déjà été publiées pour le THR-149. Les données intermédiaires (pour déterminer la dose) sont attendues au premier semestre 2022 pour le THR-687. En dessous de 1,90 EUR, un achat spéculatif peut être fait. 

Deux soucis: Bone Therapeutics et Celyad oncology

Les deux sociétés, actives dans la thérapie cellulaire, cotent au plus bas niveau jamais atteint. Bone Therapeutics a déjà perdu plus de 60% de sa valeur cette année, Celyad Oncology a baissé de moitié. 

Bone Therapeutics a reçu une douche froide fin août lorsqu’il s’est avéré que le médicament contre l’arthrose du genou n’était pas meilleur qu’un placebo. Les programmes de recherche ont également été retardés par le Covid-19. De ce fait, il n’est pas certain que les données de phase 2b pour ALLOB contre les fractures tibiales difficiles à guérir soient prêtes d’ici fin 2022. Le cash reste limité (jusqu’au quatrième trimestre 2022). Le français Hybrigenics a tenté un rapprochement (pour la deuxième fois déjà) en septembre, mais Bone Therapeutics semble emprunter une autre voie. Ainsi, la société a conclu un accord de licence avec Link Health pour ALLOB. Bone économise ainsi les coûts de R&D que Link Health prendra en charge, et peut recevoir jusqu’à 60 mio. EUR de paiements d’étape et 25% de royalties. Mais c’est encore loin dans le futur. Nous restons à l’écart. 

Celyad Oncology a surprenamment levé 32,5 mio. USD début décembre via un placement privé entièrement souscrit par Fortress Investment (qui a reçu 28,8% du capital). De plus, il y a aussi un engagement de capital de LPC (Lincoln Park Capital). Le manque de cash est donc désormais relégué au second plan. La société développe une thérapie cellulaire pour le traitement du cancer mais actuellement, il n’y a que des études en phase pré-clinique et en phase 1. Des données de quelques études (CYAD-211 et CYAD-02) devraient être publiées avant la fin de l’année. On ne sait pas grand-chose pour l’année prochaine, si ce n’est que Celyad veut déposer une demande mi-2022 pour le démarrage de recherches sur des patients pour le CYAD-203 (tumeurs solides). L’entrée de Fortress au-dessus du cours peut fournir un plancher à court terme: à conserver. Mais Celyad devra, à terme, convaincre avec de bonnes données.

Matériel médical et diagnostic

La bourse de Bruxelles compte trois fabricants de matériel médical: Sequana Medical (l’alfapump pour pomper l’excès de liquide), Nyxoah (dispositif contre l’apnée du sommeil) et Onward Medical (stimulation électrique pour les patients atteints de lésions de la moelle épinière).

Sequana Medical cote bien en dessous du prix d’IPO de 8,50 EUR. La société devra lever des fonds début 2022, car le cash n’est suffisant que jusqu’au deuxième trimestre 2022. La nouvelle importante sera pour fin 2022: c’est à ce moment que les résultats de l’étude POSEIDON (Amérique du Nord) pour les patients présentant un excès de liquide dû à une cirrhose du foie sont attendus. C’est bien plus tard que prévu lors de l’IPO. Sequana est à conserver. 

Nyxoah a assez de cash jusqu’en 2023 grâce à l’IPO à Bruxelles en 2020 et sur le Nasdaq en juin. En 2023, la société espère lancer le système Genio aux États-Unis. Le recrutement des patients pour l’étude ‘DREAM’ (É-U) devrait être bouclé d’ici fin de l’année et les données sont attendues dans le courant de 2022. Après la forte correction du cours, un achat limité peut être fait.

Onward Medical est entré en bourse fin octobre (à 12,75 EUR p.a.). L’argent levé devrait suffire au moins jusqu’en septembre 2022, selon la société (mais ce sera plus longtemps). Elle attend des résultats d’étude en 2022, e.a. pour l’ARCex (stimulateur externe de la moelle épinière), que la société espère commercialiser aux É-U et en Europe en 2023. A conserver fermement. 

Biocartis installe des instruments Idylla (sorte de mini-labo) et vend des cartouches pour réaliser des tests sur Idylla. L’incendie survenu cet été chez Biocartis a fortement freiné la croissance au second semestre. Sans l’incendie, 2021 aurait été une bonne année. Cependant, Biocartis a besoin de beaucoup de volumes de cartouches pour devenir rentable à terme. Beaucoup de cash est aussi brûlé, la société devra donc chercher de nouveaux financements en 2022. Néanmoins, à conserver fermement.

MDxHealth a récemment fait le plein avec sa cotation sur le Nasdaq. Cependant, le Covid-19 a généré des résultats mitigés et le remboursement (attendu en 2022) du test du cancer de la prostate SelectMDx par Medicare, le fournisseur de soins de santé gouvernemental, est encore attendu. Ce serait un stimulant pour le titre. Digne d’achat à titre spéculatif.

 

Mise à jour du conseil :  C+

Des nouvelles positives pour argenx, de sorte que le titre est à conserver fermement pour des pondérations appropriées. Les faiblesses du cours sont des opportunités d'entrer pour ceux qui ne possèdent pas d'action.