Microcaps à Bruxelles

©Dominic Verhulst/dotch.be

Les nombreuses microcaps d’Euronext Bruxelles ont affiché une solide reprise de leurs résultats au premier semestre, après l’année Covid 2020. D’autres ont à nouveau déçu. Les microcaps s’adressent surtout aux investisseurs privés (négociabilité limitée). Pas de grands investisseurs décidant du cours. L’heure pour un aperçu semestriel.

Avenir prometteur

Le groupe environnemental  ABO Group (A 3; )  croît à un rythme soutenu (C.A. +30%; +22% organique). L’intégration des acquisitions françaises pèsera sur le bénéfice pendant 6 à 12 mois. L’EBITDA a baissé de 4,4% au 1er semestre. On attend beaucoup en Belgique du problème PFAS. ABO Group veut atteindre 100 mio. EUR de C.A. d’ici 2025. Nous espérons que le groupe y arrivera plus vite. L’intégration des rachats et les restructurations préparent le groupe à un bond du bénéfice. Profitez des faiblesses du cours pour acheter.

Malgré le risque politique,  Texaf (A 3; gagne bien sa vie en louant des appartements au Congo. Au premier semestre, les expatriés n’étaient plus là à cause du Covid-19. Texaf démarre le plus gros projet d’investissement (18 mio. EUR) de son histoire, signe que la demande est là. La livraison du nouveau projet n’est que pour 2023. En attendant, les ONG, l’UE... reviennent progressivement (occupation plus élevée). Cette action peut être achetée - en tenant compte du risque politique.

Le Belge Audiovalley (C+ 4,  )est entré sur Euronext Growth à Paris en 2018, à 4,53 EUR p.a., pour profiter de l’intérêt des fonds français. Des réductions fiscales leur permettaient de soutenir financièrement les petites sociétés. Aujourd’hui, malgré la double cotation à Bruxelles, la société reste inconnue du public.Pourquoi AudioValley est-il entré en bourse? Comme son nom l’indique, la société est née de la (web)radio digitale. Le bond est intervenu après le rachat de l’américain Targetspot. Vivendi a participé au financement, mais la collaboration a été difficile. La part de Vivendi pouvait être rachetée pour 30 mio. EUR. De l’argent que le groupe a tenté de lever via l’IPO et en émettant des obligations (convertibles), notamment auprès de l’assureur Patronale. La dette envers Vivendi a été remboursée en juillet 2020. Que fait AudioValley? Le groupe tire 91% de son C.A. de TargetSpot, une plateforme publicitaire qui agit entre le fournisseur d’audio digital, webradio, podcasts... et l’annonceur (dans les grandes agences comme Havas, Publicis). La plateforme permet à l’annonceur de savoir à qui arrive ses messages publicitaires. Les opportunités ne manquent pas vu que i) le budget pub alloué au digital n’est pas en ligne avec l’écoute et ii) la proportion du digital continue a augmenté fortement par rapport aux stations FM traditionnelles. L’annonceur ne sait jamais qui écoute. Ils payent donc volontiers pour ces données et Audiovalley veut obtenir une part de ce gâteau. Une deuxième activité concerne Jamendo, une plateforme d’artistes. Jamendo essaie de créer plus de revenus pour l’artiste via la vente de licences (e.a. pour les vidéos YouTube, les publicités...) ou la gestion des droits. À cette fin, Bridger a récemment été lancé, qui veut devenir une sorte de SABAM. La société dispose déjà d’un portefeuille de 45.000 artistes. Winamp, un lecteur vidéo de l’ère du PC avec environ 80 mio. d’utilisateurs, a été acquis. Une nouvelle version de Winamp est en cours de développement. Elle sera disponible mi-2022.Quel est le potentiel? La digitalisation de la radio FM et certainement des podcasts sont un territoire vierge pour les annonceurs. Targetspot peut donc croître de plus de 40% par an. En 2020, le C.A. a diminué suite à la cession des activités d’origine (C.A. de 8 à 9 mio. EUR). Il y aura encore une perte nette durant quelques années, vu la politique de diversification et de l’expansion de Targetspot (plus de pays, plus d’équipes commerciales). Le business modèle de Jamendo et ses activités dérivées est moins clair. Les résultats semestriels seront publiés le 18 octobre, mais la croissance de 50% du C.A. à 12,3 mio. EUR était déjà impressionnante. AudioValley exploite le potentiel de la radio digitale et de la publicité associée. La forte croissance n’a pas encore été découverte par le marché. Bon pour une première position.

Valorisation Intéressante

Pour les sociétés très endettées, les restructurations peuvent mettre longtemps à porter leurs fruits. Le fabricant de tapis Balta (C+3;    ) montre le contraire avec une explosion de l’EBITDA (+148,4%). Au second semestre, la hausse des coûts des matières premières et les problèmes logistiques (Royaume-Uni) pèseront sur les résultats. Balta évolue dans la bonne direction et est intéressant, pour les portefeuilles plus larges, à la moitié de sa valeur comptable. 

©Dominic Verhulst/dotch.be

Le spécialiste du recyclage  Campine (C+ 3; ) voit les prix du plomb et de l’antimoine grimper, ce qui entraîne une explosion du bénéfice attendu (voir analyse INV 34). Prenez une première position à un C/B attendu <5.

 

Le groupe de construction  Moury Construct (C+ 2;  ) relève encore ses marges (>10%). Et vu son carnet d’ordres record de 185 mio. EUR, le bénéfice augmentera sensiblement. L’action cote à des cours records, mais le bilan sain (trésorerie de 136 EUR p.a.) et la faible valorisation (4,7 x EBITDA) justifient le conseil à accumuler. 

Toujours en attente

Accentis (C3; ), opérateur d’immobilier principalement industriel et de bureaux, a connu un bon semestre. Le C.A. a augmenté de 11,5% et l’EBITDA de 7,9%. Des investissements sont en cours en Slovaquie et en Belgique, ce qui pourrait générer de nouveaux revenus locatifs. Nous estimons la valeur intrinsèque à 0,0739 EUR p.a. Le mouvement de rattrapage vers ces niveaux a commencé récemment. A conserver.. 
 

Banimmo (C+ 2;  ), le promoteur immobilier bruxellois, a affiché un bénéfice semestriel pour la première fois depuis des années. La valeur comptable est de 4,2 EUR p.a. Banimmo est à conserver fermement, si les résultats sont durablement positifs.
 

©Dries Luyten

Floridienne (C 2;  ), la société industrielle au-dessus de Biobest (protection biologique des cultures et pollinisation), d’alimentation festive et de recyclage des piles (SNAM), est optimiste pour 2021. Le bénéfice semestriel net a quadruplé à 9 EUR par action. Le groupe turc Kimflor (stabilisants PVC) est à vendre. Concernant la restauration festive, la réouverture de l’horeca est positive. SNAM lève 10 mio. EUR de capitaux supplémentaires pour construire une usine de recyclage de batteries d’ici 2024. Biobest est une pépite et prête à réaliser une méga-acquisition (100 mio. EUR). Sur base de la dernière valeur attribuée à SNAM, on constate que le gros de la valorisation de Floridienne provient de sa filiale Biobest. A conserver.

Sous l’aile de Guido Van der Schueren,  Global Graphics (C 3;  ) change de nom en Hybrid Software. Le rachat de cette dernière a permis de doubler le C.A. au premier semestre, mais la rentabilité n’a pas suivi. Le titre est assez cher pour sa taille limitée et sa faible négociabilité. Seulement à conserver.

Drankengroep Spadel (C 2; ) a été épargné par les inondations. Le 1er semestre a été bon (EBIT: +49%), mais le renchérissement des matières premières et les mauvaises conditions météorologiques en été ont pesé sur l’objectif annuel (EBIT légèrement supérieur). A conserver.

Déceptions

Crescent (C 4;    ), le holding d’Eric van Zele (ex-Barco) au-dessus de plusieurs petites valeurs technologiques, reste déficitaire. Il y aura encore deux acquisitions au second semestre, qui pourraient contribuer joliment aux résultats (rentables). En attendant, le groupe LDA Capital continue d’injecter de l’argent à un faible prix de souscription (0,03 EUR p.a). A conserver.

©Foto Hamon

Hamon (C- 4;  ) lancera une augmentation de capital d’ici quelques semaines. Les actionnaires peuvent souscrire à 0,50 EUR p.a. pour réduire la dette. Bien que le carnet d’ordres ait augmenté, il n’y a pas encore de perspective d’EBITDA durablement positif. Vendez en partie pour entrer à nouveau plus bas via l’opération de capital.

La fermeture des restaurants et café a pesé sur Co.br.Ha. (H 2;   ), , qui a fini dans le rouge en 2020. Nous tablons sur un rebond cette année, mais ce sont les caractéristiques ‘value’ (cafés en propriété) qui maintiennent le titre hors de l’eau. Chez  Fountain, (C 4;  ) le télétravail a pesé sur les résultats et le bilan souffre. Toutes deux sont à conserver.   

Rosier (C 3;  ) accumule les pertes malgré la reprise du secteur. Une légère perte d’exploitation est prévue pour 2021. La valeur comptable historiquement élevée a diminué après toutes ces années. A conserver en vue d’une éventuelle OPA de Borealis.

Mise à jour du conseil :  A

ABO Group est un acteur de niche dans les questions environnementales, ce qui signifie que la valorisation actuelle (EV/EBITDA de 8,4) n'est pas encore trop élevée. Nous répétons notre conseil d'achat, mais visez le long terme avec cette société.