Négociabilité moindre, mais...

©Sofie Van Hoof

Il y a plusieurs actions cotées à Bruxelles qui reçoivent peu d’attention du monde financier. Il s’agit souvent de sociétés détenues par des familles ou bien où un actionnaire de référence important préfère publier peu d’information. La négociabilité laisse aussi souvent à désirer, de sorte que les investisseurs institutionnels ne s’y intéressent guère. Mais cela peut offrir des opportunités aux investisseurs privés..

©Dieter Telemans

Une constante est que les actionnaires des plus petites valeurs bruxelloises, et les moins négociées, doivent attendre de plus en plus longtemps pour avoir un aperçu des résultats des sociétés concernées (voir encadré). Dans le tableau, nous indiquons les actions qui n’ont pas encore publié leurs résultats annuels. Nous nous concentrons ici sur celles qui les ont déjà publiés. Aussi pour les plus petites valeurs (les microcaps), nous pouvons dire que la reprise après le Covid a été forte. Nous passons en revue les actions illiquides concernées en fonction du conseil que nous leur attribuons. Avant de commencer, nous précisons qu’en raison de la faible négociabilité de ces actions, il est toujours préférable de travailler avec des limites strictes, tant pour un ordre d’achat qu’un ordre de vente. Vous devez aussi limiter la taille. Et pensez encore davantage au long terme. Les fondamentaux et les perspectives sont encore plus importants ici.  

publier plus tard: de plus en plus la norme

Les sociétés cotées ont reçu l’autorisation dès 2014 du régulateur de publier plus tard leurs rapports annuels. Pour les résultats semestriels, la limite est désormais fixée au 30 septembre. Les sociétés cotées disposent de quatre mois après la clôture de l’exercice pour publier le rapport financier annuel. Pour la plupart des sociétés (avec un exercice ‘normal’), cela veut dire jusqu’au 30 avril. De plus en plus de petites entreprises donnent à leurs actionnaires un aperçu des résultats plus tard qu’auparavant. Les rapports trimestriels et les mises à jour se font également de plus en plus rares. Bien que la gestion à long terme soit importante, l’attitude de plus en plus laxiste est une évolution négative. Certaines entreprises ne respectent même pas la ‘deadline’ actuelle. L’an dernier, FNG, Hamon et Nyrstar ont publié leur rapport financier en retard. Depuis lors, FNG a cessé ses activités, tandis que la semaine passée, Hamon a déposé son bilan. Chez Hybrid Software, le Brexit est la cause des rapports reportés, En effet, l’entreprise ‘britannique’ est obligée de faire vérifier ses résultats par deux cabinets d’audit: un européen et un britannique. Les chiffres seront abordés sur notre site Web.

 

Qui attendons-nous encore?

  • Audiovalley: 26 avril
  • Co.Br.Ha.: 29 avril
  • Crescent: 29 avril
  • Hybrid Software: 22 avril
  • Softimat: 28 avril

■ Buy and hold

ABO Group (A 3, ) Avec une croissance du C.A. de 27,8%, le groupe environnemental et explorateur de sols est en bonne voie pour atteindre un C.A. de 100 mio. EUR d’ici 2025. L’EBITDA (+8%) est à la traîne du fait de l’intégration de plusieurs acquisitions françaises. Comme l’impact le plus lourd était au premier semestre, elles semblent déjà avoir été digérées. Et le train des acquisitions continue. 2022 a commencé sur la même lancée. Nous visons une croissance du C.A. d’au moins 15%. Un atout majeur pour ABO Group est sa présence dans un secteur en forte croissance où l’entreprise agit en tant que consolidateur. Le titre peut être acheté.

►  Moury Construct (C+ 2 ) Le groupe de construction wallon présente année après année des marges d’exploitation attractives. En 2021 la marge opérationnelle était de 12,7%, une solide performance par rapport aux pairs (marges de 3 à 5%). Avec une croissance du C.A. de 4,8%, le bénéfice net a augmenté de moitié pour atteindre 33 EUR p.a. Le carnet de commandes a atteint un record, ce qui se traduira par une nouvelle croissance du C.A. en 2022. Le groupe a une trésorerie nette de 64,3 mio. EUR (162,2 EUR p.a.). Le titre a déjà considérablement grimpé, mais nous conseillons d’acheter cette société familiale et de la conserver pendant des années.  

Payton Planar (C+ 3 ) Ce producteur israélien de solutions magnétiques pour, e.a., l’électrification des voitures a connu une maigre année 2021, mais le carnet d’ordres est en hausse depuis quelques mois. Nous prévoyons donc une croissance significative du C.A. et du bénéfice en 2022. Le bilan affiche une trésorerie nette élevée de 2,07 EUR p.a. Essayez de limiter en dessous de 8 EUR. Réservé seulement aux portefeuilles diversifiés.

►  Texaf (A 3 ) Surtout actif dans les activités (immobilières) au Congo, Texaf a de nouveau connu une année de transition avec une croissance du bénéfice de ‘seulement’ 11,8%. Cela aurait pu être plus, mais il y avait des problèmes juridiques (défense de la propriété contre les tiers). Ces risques sont inhérents aux investissements en Afrique. Le groupe prévoit des investissements qui augmenteront les revenus locatifs de 15% à long terme. Le dividende a été relevé de 11% et l’objectif est de poursuivre la croissance en 2022. Texaf cote à 1,2 fois sa valeur comptable et la situation politique au Congo s’éclaircit progressivement. Digne d’achat.

■ Conserver pour le long terme

Floridienne (C 2 ) L’année 2021 s’est à nouveau déroulée sans encombre, avec une hausse de 20% du cash-flow opérationnel. Biobest (pollinisation des bourdons, protection biologique des cultures) est l’actif le plus important (valeur après la dernière transaction: 705 EUR p.a.). SNAM (recyclage et réutilisation de batteries automobiles) a aussi été valorisé en 2021 via une opération en actions. Mais SNAM doit encore investir durant de nombreuses années. Dans le pôle alimentation festive, des hausses de prix sont prévues vu l’augmentation du coût des matières premières (beurre...). Floridienne vise un bénéfice plus élevé en 2022, même si la restauration festive performera moyennement. La valeur de Biobest met un plancher sous le cours. Si le poids dans votre portefeuille est trop élevé après la forte hausse, une vente partielle est conseillée. Cette société unique peut en tout cas être conservée pour un poids adapté.

Fountain (C 4 ) Malgré le télétravail, la croissance du C.A. du producteur de boissons chaudes était de 12,4%. Les dettes restent assez élevées. Leur remboursement a été reporté de 12 mois par les banques et le gouvernement a également accordé un report. L’EBITDA devrait s’améliorer cette année. Il y a une amélioration notable sur le plan opérationnel, mais nous n’allons pas plus loin que ‘conserver’.

Campine (C 3 ▼ ) Vous en saurez plus sur le producteur de plomb et d’antimoine ici. Nous avons abaissé le conseil à ‘conserver’.

Spadel (C 2 ) Le producteur d’eau en bouteille a connu une croissance solide en 2021, même si le niveau pré-corona n’a pas encore été atteint. Dans de nombreux endroits, il y avait encore des mesures restrictives et, de plus, la météo de l’été était maussade. Le C.A. a grimpé de 5,8%. Au Benelux, le leader Spa a augmenté sa part de marché et Bru s’est redressé. En Bulgarie, l’activité s’est redressée grâce à la belle performance du leader du marché Devin. En France, il y a eu une légère baisse. Wattwiller s’est bien comporté, Carola moins. Surtout au second semestre, la hausse des prix des matières premières, de la main-d’œuvre, des transports, des emballages et de l’énergie a pesé sur le résultat. Cela se poursuivra en 2022. Les prix seront relevés pour protéger les marges. Le bénéfice net a légèrement baissé. Grâce aux marques fortes, Spadel a un certain pouvoir de fixation des prix. Nous restons prudents quant au potentiel de croissance de l’eau en bouteille. Le titre n’est pas bon marché: à conserver.

■ Prenez vos bénéfices/pertes

Rosier (C- 4 ) La longue période d’années de pertes accumulées a fait des ravages. Le groupe d’engrais et son actionnaire Borealis veulent augmenter le capital en convertissant de la dette en capital à seulement 20 EUR p.a. Par cette opération, Borealis exproprie de fait les actionnaires minoritaires, qui se regroupent progressivement en vue d’un procès ou d’un règlement à l’amiable. Nous avons abaissé le conseil à ‘réduire’, mais nous craignons que la perte soit totale sans action en justice. Le titre est d’ailleurs toujours suspendu.

Accentis (C - 3▼ ) / Iep Invest (C 2 ) Après 10 ans d’investissement dans un site industriel slovaque, Accentis a tout vendu au néerlandais CTP pour 70,4 mio. EUR. Parmi les sites restants en Belgique et en Allemagne, celui de Lier (Xeikon) est le plus important. Un nouveau projet de construction s’est achevé en mars 2022 et un projet a été vendu à Cool Creations l’an dernier. Une vente (après assainissement des sols) est aussi prévue pour le site de Hamont-Achel (Punch Metals). Accentis distribue le produit via un rachat d’actions propres, une importante réduction de capital (0,04 EUR p.a.) et un petit dividende. L’actionnaire de référence Iep Invest voit sa trésorerie grossir en conséquence. Nous abaissons le conseil pour Accentis à ‘réduire’. Après toutes les transactions, une cotation en bourse est en fait superflue. Iep Invest est à conserver.