Orpea: beaucoup de choses à dire

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Après plusieurs reports suite aux accusations de maltraitance et aux audits en cours, Orpea a enfin publié ses résultats annuels. Sur le plan comptable, les chiffres sont relativement bons avec une croissance du chiffres d'affaires de 9,6%, dont 5,5% de croissance organique, à 4,3 Mrd EUR, un record. A 1,1 Mrd EUR, l'EBITDAR (EBITDA avant loyers) affiche une belle marge de 24,9%. Ces deux chiffres sont conformes à ce qui avait été annoncé provisoirement. Notamment en raison des provisions pour 83 Mio EUR suite aux accusations, le bénéfice net de 65,2 Mio. EUR est en baisse de 59,3%. La dette nette a grimpé à 7,9 Mrd EUR (6,7 Mrd EUR à fin 2020), dont 88% est de la dette immobilière. La valeur du patrimoine imobilier du groupe s'élevait à 8,2 Mrd EUR à fin décembre. Pour conserver un maximum de moyens en interne, Orpea ne propose pas de dividende pour l'exercice 2021. En outre, Orpea a signé des accords avec les banques pour un apport de 1,7 Mrd EUR pour faire face aux échéances prochaines, ainsi qu'un prêt optionnel de 1,5 Mrd EUR. Suite à cet accord, Orpea entend céder pour plus de 3 Mrd EUR de biens d'ici 2025.

Dans la foulée de ses résultats annuels, le gestionnaire de maisons de repos a aussi publié une mise à jour pour le premier trimestre. Le chiffre d'affaires a atteint 1,1 Mrd EUR, soit une croissance de 9,0% (5,0% de croissance organique). Si toutes les zones géographiques ont affiché une croissance, Orpea admet toutefois que l'occupation dans ses maisons de repos en France a baissé, sans préciser de combien, suite au contexte difficile lié aux accusations. Dans les autres zones, les taux d'occupations sont en hausse.

Pour l'exercice 2022, le groupe n'avance pas de chiffre mais se montre confiant quant à une croissance du chiffre d'affaires. La rentabilité devrait souffrir de l'inflation, notamment les coûts salariaux et des énergies. De plus, Orpea s'attend à des charges exceptionnelles liées aux accusations.

Mise à jour du conseil :  C

Un communiqué dense pour Orpea, qui devait faire le point sur pas mal de dossiers. La crise en France est encore loin d'être terminée et coûtera encore beaucoup d'argent au groupe. Néanmoins, les résultats en eux-mêmes ne sont pas mauvais. Nous préférons encore attendre avant de faire un achat mais les titres sont toutefois à conserver.