Les obligations en 'bear market'. Une opportunité d'achat?

En décembre 2020, 18.380 Mrd USD d’obligations avec un rendement résiduel négatif se négociaient dans le monde. Cela équivaut à une fois et demie le PIB de la zone euro! Avec la forte hausse des taux, en particulier en 2022, ce montant a désormais baissé à ‘seulement’ 1.719 Mrd USD. Ces rendements négatifs ne se trouvent que sur des obligations (d’État) à très court terme, à moins d’un an, de pays majeurs comme la Suisse, l’Allemagne et le Japon. 

De Belegger

Avec la hausse des taux dans le monde, beaucoup d’argent a déjà été perdu sur les marchés obligataires. Nous le voyons également dans l’évolution de l’indice Bloomberg Global Aggregate, qui répertorie les obligations ‘investment grade’ du monde entier. Cet indice a déjà baissé de 19,7% depuis le pic de janvier 2021. Nous avons donc quasiment atteint un ‘bear market’ officiel (une baisse d’au moins 20% depuis le précédent sommet). Ce sont des évènements presque sans précédent sur les marchés obligataires. C’est plus du double de la deuxième plus forte baisse depuis le début des années ‘90! 

Les marchés obligataires (= taux longs) anticipent depuis un certain temps les nombreux relèvement de taux des banques centrales. Mercredi dernier, la Réserve fédérale a augmenté son taux directeur de 75 pb, la plus forte hausse depuis 1994. Les mouvements des taux commencent à nuire aux détenteurs de fonds d’investissement ‘défensifs’, largement investis dans des produits à taux fixe. Des placements annoncés comme sûrs par les institutions financières. Les nombreux fonds d’épargne-pension défensifs (voir tableau) ne connaissent pas une bonne année. Ces trois dernières décennies, alors que les taux baissaient, l’importante part obligataire de ces fonds a contribué positivement. Mais cette année, la baisse de la part obligataire est même légèrement plus prononcée que celle de la partie actions. La perte subie par les fonds défensifs cette année efface en moyenne plus de trois années de résultats positifs (voir tableau). 

Si on ne s’attend pas à une poursuite de la hausse des taux au même rythme dans les années à venir, aujourd’hui - du moins dans la zone euro - on ne peut pas encore parler de taux à 10 ans normaux. Nous tenons donc compte du fait que les rendements moyens de ces fonds défensifs seront plus faibles dans les cinq prochaines années que sur la période 2011-2020.