Une petite hausse (des taux) avec de grandes conséquences

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La semaine dernière, le taux à 10 ans allemand est répassé - brièvement - en positif, pour la première fois depuis juin 2019. La direction des taux dans le monde est claire: à la hausse. Depuis janvier, tous les segments obligataires dans le monde cèdent du terrain, non seulement les obligations d’État, mais aussi les obligations ‘high yield’ ou les obligations indexées sur l’inflation.

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Aux États-Unis, les taux longs grimpent rapidement, en raison de la poussée de l’inflation et de la réduction des achats d’obligations. De 1,51% début 2022, le taux à 10 ans est déjà passé au-dessus de 1,85%. Pas une bonne nouvelle pour les détenteurs d’obligations de longues durées. Plus les dates d’échéance sont lointaines, plus ces obligations sont sensibles aux taux. Cinq ‘bigcaps’ américaines (voir tableau) ont émis ensemble pour 9,5 mia. USD d’obligations en 2020, toutes en coupures de 1.000 et 2.000 USD. Et toutes - à l’unanimité - arrivent à échéance en 2060. Pas des perpétuelles, mais quand même... Depuis leur émission, ces obligations ont eu un cours volatil en raison de la fluctuation des taux longs. Ainsi, les taux américains à 10 et 30 ans ont atteint un creux historique à 0,507% et 0,995% respectivement le 4 août et le 9 mars 2020. Ils sont désormais à respectivement 1,85% et 2,16%. L’emprunt de Johnson & Johnson, qui, comme l’émetteur Microsoft, a un rating supérieur à celui du gouvernement américain (AA+), a fluctué entre 107,5% et 82,9% depuis août 2020. Avec de telles fluctuations, pas idéal pour bien dormir.

En termes nets, ces émetteurs sains offrent actuellement des rendements de 2,2 à 2,5%. Bien que nous ne soyons pas favorables aux obligations de longue durée, elles méritent d’être surveillées si les taux longs continuent de grimper. Dans notre numéro de stratégie, nous parlions d’un taux américain à 10 ans à 2,5% avant d’acheter à nouveau du papier en USD. Sur les échéances plus longues, le taux gouvernemental peut même dépasser les 3%. Les niveaux d’avant la crise bancaire en 2008/09, soit 4% et plus, sont peu probables car les dettes publiques mondiales sont insupportablement élevées. Pour les obligations Microsoft et Alphabet, une hausse de 50 pb (0,5%) des taux longs au départ des niveaux actuels se traduirait par une baisse de leur cours à respectivement 82,8% et 73,6%. À ces niveaux, un achat pourrait éventuellement être envisagé.