En mode 'risk on'

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Tout va bien à l’approche du festif mois de décembre. La question est de savoir si une large avance sur le rallye de fin d’année classiquement espéré a déjà été prise. Jusqu’à présent, les résultats d’entreprises en Europe étaient pour la plupart meilleurs que prévu. Au dernier trimestre, les hausses de prix étaient encore acceptées par le client. Et la faiblesse de l’euro a donné à de nombreuses entreprises un vent favorable en termes d’évolution du C.A. et des bénéfices. Pour les sociétés de l’indice MSCI Europe, cela se traduit par une croissance des bénéfices de pas moins de 32% par action en base annuelle. Cependant, le net rebond des bourses ne peut être attribué à des chiffres meilleurs que prévu. Il vient quasi exclusivement de l’espoir que le pic d’inflation a été atteint et qu’il continuera de baisser. Cela rendrait les banquiers centraux plus indulgents dans leur politique monétaire. En termes de résultats d’entreprises, les perspectives pour le trimestre en cours et les suivants sont moins reluisantes. Il est en effet plus difficile de répercuter les hausses de prix pour maintenir les marges. L’hiver approche à grands pas, dans tous les sens du terme. Le taux allemand à 10 ans est depuis peu inférieur au taux à 2 ans, ce qui dans le passé annonçait souvent une contraction économique. La pression sur le C.A. combinée à des coûts (salariaux) plus élevés ne peut que conduire à une pression sur les marges et les bénéfices.

En plus d’un nouveau mode ‘risk on’ ces dernières semaines, nous remarquons surtout une certaine accoutumance du marché. Personne n’est plus choqué - sauf les Ukrainiens - par de fortes explosions près d’une centrale nucléaire. La crainte de nouvelles mesures de confinement chinoises n’effleure guère les esprits. Un investisseur doit faire attention à une telle accoutumance, car des développements inattendus peuvent entraîner un réveil brutal. Au final, après la récente remontée, les bourses européennes ne sont plus que 10% environ en dessous des niveaux de début janvier. C’est assez peu compte tenu des circonstances, et puis la marge pour encaisser les coups devient maigre. Aucun plaidoyer certes pour sortir du marché. D’ailleurs, difficile de trouver le bon timing. Tenez-vous en à une base fixe de valeurs de qualité, complétée par une bonne part de liquidités au cas où les marchés reculeraient à nouveau.