Garder les pieds sur terre

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Des chiffres d’inflation meilleurs que prévu aux É.-U. ont été le signal pour les investisseurs d’amorcer un rallye de fin d’année précoce. Ce sont surtout les actions fortement pénalisées qui ont été repêchées, comme en témoigne la hausse de 10% de l’indice Nasdaq en à peine deux jours. Une belle hausse, d’autant plus que les bourses en général – et donc aussi les actions plus classiques – ont été tirées vers le haut. Depuis le point bas d’octobre, une bonne partie des pertes annuelles a ainsi été compensée. Le rallye de fin d’année va-t-il également se poursuivre? Ce serait une conclusion prématurée. Les excès (positions survendues) se sont quelque peu stabilisés, mais il est trop tôt pour parler d’un revirement de tendance. Pour l’instant, le sentiment reste maniaco-dépressif (hauts et bas). C’est une mauvaise idée de paniquer après une forte baisse, de même que lors d’une grosse montée. Fin octobre, l’Euro Stoxx 50 se négociait à un plus bas de l’année, mais il se situe désormais à un plus haut en près de 7 mois.

N’ayez pas de FOMO (‘Fear Of Missing Out’) pour faire de bonnes affaires, car elles continueront à se présenter dans les mois à venir. Le sentiment continuera à faire évoluer les bourses dans toutes les directions. Il est bien sûr encourageant que le pic d’inflation soit peut-être derrière nous. Bien que cela reste à voir. Il y a certes de fortes chances que nous le voyions également en Europe cette année. Que cela stoppera la hausse des taux longs est une autre question. On note (voir graphique) que les économistes tablent sur une baisse (trop) rapide de l’inflation vers l’objectif de la BCE. Si cela ne se produit pas, ou si ce point de vue doit être ajusté dans les mois à venir, alors même après la forte hausse, les taux pourraient encore nettement grimper. Et cela aurait bien sûr un impact sur les marchés boursiers. Il est en tout cas trop tôt pour miser gros sur les marchés obligataires (mais prenez progressivement de premières positions) et de bloquer son argent aux taux actuels pour une plus longue période. Les taux courts plus élevés vous permettent déjà d’attendre. A cet égard, nous vous renvoyons
 à cet article. Depuis janvier, l’Etat belge agit lui-même comme un banquier en vous offrant des taux conformes au marché, bien qu’il y ait bien sûr des réserves à cela