Préoccupations de récession

©Hollandse Hoogte / Flip Franssen

Selon la logique économique, une récession imminente entraîne un repli des taux longs. En effet, la faiblesse de la demande empêche les entreprises de faire de gros investissements, de sorte que la demande d’emprunts est également au plus bas et que l’argent devient moins cher. Un raisonnement qui cette fois-ci ne tient pas (vraiment) la route. L’accent des banques centrales est clairement mis – quoique assez tard – sur la lutte contre l’inflation. Mercredi, la ‘Fed’ américaine relèvera fortement son taux court, d’autant plus que l’inflation apparaît plus persistante que prévu (8,6%, un plus haut en 40 ans). Le rythme attendu des hausses de taux pourrait s’affaiblir en raison de la crainte croissante d’une récession, mais cela est lié au taux court. L’impact de la réduction de l’énorme portefeuille obligataire par les banques centrales est sous-estimé. Pendant des années, l’assouplissement quantitatif a maintenu les taux à des niveaux fort bas (voire négatifs) en Europe, dans l’intérêt des Etats endettés. Il serait naïf de penser que l’impact d’un changement fondamental de stratégie dans ce domaine (un resserrement quantitatif) se serait dissipé après environ un an.

©Hollandse Hoogte / Flip Franssen

Des taux plus élevés ne laissent ni les entreprises ni le consommateur indifférents. Dans le graphique, vous verrez l’important impact pour ceux qui veulent contracter un emprunt hypothécaire. Cela pèse non seulement sur l’envie d’acheter/construire une maison, mais le rend impossible pour de plus en plus de familles. Et avec une inflation élevée - qui n’est pas le résultat d’une forte demande mais d’une offre faible et de problèmes d’approvisionnement (suite notamment au Covid et l’Ukraine) - la consommation est sous pression. Aux É.-U. - ce n’est pas différent chez nous - la confiance du consommateur est à son plus bas niveau depuis les années ‘70. Pour l’instant, les banquiers centraux insistent sur le fait qu’une récession peut être évitée, mais tout comme ils ont raté la cible l’an dernier en affirmant que l’inflation était temporaire, une récession est presque inévitable. Une récession toutes les quelques années est naturelle. Pas de crainte donc, mais le marché n’en tient pas suffisamment compte. Le risque de baisse des cours des actions est élevé, même si un investisseur ne verra pas cela comme un risque, mais comme une opportunité. Soyez patient malgré tout.