Prudent, mais attentif

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La logique simple ne prévaut pas toujours sur les marchés boursiers. Parfois, de mauvaises nouvelles économiques sont bonnes pour les bourses, tandis que des nouvelles économiques positives  ne sont pas toujours de ‘bonnes nouvelles’. Certes, une récession n’est pas du tout propice à l’évolution des bénéfices des entreprises. Mais si cela signifie que les banques centrales optent pour une politique de taux plus flexible, alors c’est un stimulant majeur pour les bourses. Les taux, l’inflation et les résultats d’entreprises détermineront à nouveau le sentiment dans les semaines à venir, mais l’attention se portera relativement plus sur ces derniers à l’approche de la saison des résultats. Cependant, les deux autres ne doivent pas être négligés. Compte tenu de la forte baisse du prix de l’essence, presque tout le monde suppose maintenant que l’inflation diminuera rapidement. Une prémisse dangereuse, car si l’inflation semble en chute libre, l’inflation ‘sous-jacente’ (hors énergie et alimentation) est à des niveaux records. Les effets secondaires (l’inflation salariale e.a.) ne doivent pas être sous-estimés. Alors que les banquiers centraux étaient encore induits en erreur en 2021 (l’inflation ne serait que ‘temporaire’), ils ne veulent clairement pas commettre l’erreur d’abaisser trop rapidement les taux courts. La BCE augmentera d’ailleurs encore plusieurs fois son taux directeur. Les banquiers centraux espèrent également qu’une récession pourra être évitée. Bonne nouvelle, mais cela leur donne des munitions supplémentaires pour lutter contre l’inflation avec des taux plus élevés.

Pas sûr que les marchés en tiennent pleinement compte. Si cette prise de conscience baisse, le sentiment positif du marché – qui dure maintenant depuis plusieurs mois – pourrait soudainement s’inverser. Les attentes du marché par rapport au résultat final. C’est ce qui provoque des fluctuations, surtout à court terme. L’investisseur ne doit pas être influencé par l’humeur du jour.  Cela s’applique aussi, bien sûr, aux résultats  d’entreprises. Cette semaine à Wall Street, Microsoft, IBM et Tesla e.a. publieront leurs chiffres. ‘Le graphique’ montre que les prévisions de bénéfices au niveau indiciel ont baissé ces derniers mois. De quoi surprendre positivement, ou la dynamique négative indique-t-elle une tendance ? Wall Street est à la traîne des indices européens ces derniers temps, surtout si l’on tient également compte du repli du dollar. En tant qu’investisseur, nous nous concentrons sur les entreprises individuelles et avons récemment inclus une action américaine dans notre sélection d’achat (Gen Digital). Les fluctuations intermédiaires - également en Europe - ne doivent pas être une ‘incertitude’, mais plutôt une opportunité pour l’investisseur attentif.